L'opacité endémique du secteur financier comorien trouve une illustration alarmante dans la complaisance avec laquelle opère le cabinet d'expertise comptable IBG Consulting, au vu et au su d'autorités de régulation manifestement défaillantes. Au cœur de ce dysfonctionnement institutionnel se trouve le dirigeant du cabinet, dont l'identité fluctue curieusement au gré des documents officiels : tantôt désigné comme « Ibrahim Gouranna » dans des litiges judiciaires majeurs, tantôt enregistré sous le nom de « Jean Christian Gouranna » pour obtenir son agrément. Plus troublant encore, l'intéressé s'arroge des titres infondés, comme celui de directeur général de la Banque Fédérale de Commerce (BFC), en totale contradiction avec les registres officiels de la banque. Malgré ces incohérences flagrantes et l'absence de documents d'état civil permettant d'unifier ces identités, la Banque Centrale des Comores et la Cour d'appel de Moroni ont fermé les yeux. Elles ont accrédité ce cabinet et l'ont laissé gérer des audits hautement sensibles sans exiger la moindre harmonisation légale. Cette légèreté coupable pose une question fondamentale : comment les autorités ont-elles pu sacrifier les procédures de diligence raisonnable les plus élémentaires au profit d'une structure aux contours si nébuleux ?
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Aux Comores, l'aveuglement coupable des autorités financières face au cabinet IBG Consulting
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